Viens, on s’aime

Morgane Moncomble / Hugo (Poche) / 2018 / Romance ; Contemporain / 552 p.


Parce que lui donner mon corps, c’était encore facile. Mais tout donner, mon corps, mon coeur, mon esprit et mon âme, c’est autre chose. Ca peut me détruire. Littéralement.


De quoi ça parle ?

L’amour fleurit parfois là où on ne l’attend pas.

Beaucoup s’accordent à dire que l’amitié fille-garçon n’existe pas. Et pour cause ! Lorsque Loan et Violette se sont rencontrés, ce fut un véritable coup de foudre platonique. À cette époque, Loan était en couple avec Lucie depuis quatre ans, si bien qu’il n’avait d’yeux que pour elle.

Mais seulement un an plus tard, beaucoup de choses ont changé : Loan est un homme abattu depuis que sa petite-amie l’a quitté. Quant à Violette, elle commence tout juste une idylle avec le beau Clément – chose que Loan se surprend à détester.

Alors quand sa meilleure amie, encore vierge, le supplie d’être son premier, il hésite. La proposition de Violette sent la mauvaise idée à plein nez… mais après tout, il ne s’agit que d’une fois. Rien qu’une.

Pas vrai ?


Ce que j’en ai pensé

DECEPTION.

[J’ouvre ici une parenthèse : je classe ce roman parmi mes déception de l’année, cela étant, il s’agit pas d’une déception semblable à My Dilemma is You car Viens, on s’aime est loin d’être mauvais. Je ferme la parenthèse.]

J’ai longuement hésité avant de placer ce roman parmi mes déceptions car il y a des choses que j’ai vraiment beaucoup aimé, mais malheureusement il y a aussi beaucoup de choses qui m’ont énormément dérangée. Ce livre m’a fait passer par le meilleur mais aussi par le pire.

Je n’ai pratiquement rien relevé de positif dans la première moitié du récit. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai refermé le livre en me disant « aïe aïe aïe, ça ne va pas du tout ! » Et quel dommage car la plume est plutôt agréable et addictive et en soit, j’ai plutôt pris plaisir à suivre l’intrigue principale : l’évolution de la relation entre Violette et Loan. Mais les clichés sexistes, la virginité de Violette, la sous-intrigue avec Clément… Vraiment, ça n’est pas bien passé !


ATTENTION : cette partie peut contenir des spoilers

Ce que j’ai aimé

  • Loan : certes, il n’échappe à aucun cliché : il est beau, il est grand, il est fort, il est POMPIER et en plus de cela, il est gentil, serviable, doux et attentionné. Mais en l’occurrence, cela ne m’a pas dérangée. Les clichés, quand ils sont bien maitrisés et utilisés ne sont pas forcément de mauvaises choses. Un cliché est devenu un cliché parce que ça fonctionne. Loan représente un fantasme pour la femme hétérosexuelle (principale cible du roman). Cela étant, j’ai trouvé son développement intéressant. Il n’est pas toxique (si vous avez lu mes chroniques précédentes, vous savez que ça compte beaucoup pour moi). Il aime Violette pour ce qu’elle est et non pour l’image qu’il a d’elle ou pour la femme qu’il voudrait qu’elle soit. Son histoire est touchante, bien que trop peu développée à mon goût (notamment pour la partie traitant de son enfance et son rapport avec ses parents).
  • Violette : bien qu’elle m’ait souvent agacée, Violette a su me toucher à certains égards. Elle souffre d’un profond sentiment d’abandon et ne se trouve pas « normale ». Si c’était agaçant, tant pour Loan que pour le lecteur, de la voir changer au contact de Clément, je me suis totalement retrouvée dans cette phrase : « Parce que si je le fais assez longtemps, il y a des chances que ça devienne mécanique. Et ensuite, je deviendrai quelqu’un d’à peu près normal : calme, discrète et un peu moins bizarre« . Comme Violette, je me considère comme étant une originale, je fais du bruit, je parle fort, je ris fort, je suis maladroite… Et il n’est pas rare que cela me mette dans l’embarras (et potentiellement que cela embarrasse les autres). Et comme Violette, je n’ai pas une relation très simple avec ma mère.
  • Ethan : c’est un très bon personnage secondaire. Et le sort qui lui est réservé m’a brisé le cœur. Il mérite donc une petite mention ici.
  • La description des émotions : c’est une chose que je ne peux pas enlever à Morgane Moncomble. Il y a eu un vrai travail sur la description des émotions des personnages. Je m’y suis vue tout au long du roman.

Ce que je n’ai pas aimé

  • La virginité de Violette : bon, en soit, ce n’est pas propre à Viens, on s’aime, je pense que je n’aime pas les romances New Adult dans lesquels l’héroïne est vierge de manière générale. Je trouve que c’est toujours mal traité. La virginité est soit sacralisée (c’est quelque chose qu’une femme se doit de préserver pour l’offrir à un homme qui se voit alors pourvu d’une mission de la plus haute importance qui implique une grande responsabilité : c’est un cliché que j’ai en horreur !), soit présentée comme étant quelque chose dont il faut avoir honte. Et ici, on y échappe pas. Violette prétend ne pas avoir honte d’être toujours vierge à 20 ans et pourtant, elle ne peut s’empêcher de mentir à Clément à ce sujet, parce qu’elle a peur de ne pas savoir s’y prendre. Donc quelque part, c’est bien parce qu’il y a un côté « pas normal » de ne jamais avoir fait l’amour à son âge… C’est n’importe quoi ! D’ailleurs, pourquoi ce sont toujours les femmes qui sont « inexpérimentées » dans les romances ? Pourquoi les auteur.rice.s ne mettent jamais en scène un homme d’une vingtaine d’année et toujours puceau (sans tomber dans des clichés à vomir, cela va de soit) ? (Parce qu’en vrai, ça existe…). (Si jamais vous avez des recommandations à me faire, je suis preneuse).
  • Clément : alors, déjà, j’ai détesté ce personnage. Il est arrogant, imbu de lui-même, sexiste, pas drôle. Mais quand même, il est beau. C’est le véritable cliché ambulant de l’étudiant en Ecole de Commerce. En soit, je comprends, parce qu’il est construit en totale opposition avec Loan. Mais c’est un peu too much. Par ailleurs, je n’ai pas aimé la sous intrigue qui tourne autour de lui. En soit, Violette aurait pu demander à Loan de coucher avec elle sans qu’elle soit en couple avec un autre. 1, cela aurait rendu le tout moins malsain et 2, cela n’aurait absolument rien changé à l’histoire : Violette aurait fini avec Loan et basta.
  • Le sexisme : Violette se prétend féministe et pourtant le roman est bourré de clichés empreints de sexisme ordinaire : les filles mangent du chocolat et son désagréables au possible quand elles ont leurs règles (genre, vraiment, il faut arrêter avec ça, être indisposée c’est jamais une partie de plaisir, une femme a le droit de ne pas être bien, d’être fatiguée et de ne pas avoir envie de danser la gigue durant cette période et hors de cette période aussi sans qu’on ait besoin de lui claquer « t’as tes règles ou quoi ?! »), ce à quoi s’ajoute une bonne dose de culpabilisation par rapport à la nourriture (je suis triste parce que mon mec m’a quittée, donc je mange du chocolat, donc je prends 5 kg >> WTF ?! / « j’ai mangé le dernier Snickers, c’est ton cul qui me remerciera » >> genre vraiment ?!) ; il faut fuir les féministes parce qu’elles ne veulent pas être prise en levrette (et sinon, on peut aussi laisser les femmes tranquilles, non ? Féministe ou pas, chacune (et chacun, cela va de soit) fait ce qu’elle veut avec qui elle veut)… et j’en passe !

En rédigeant cette chronique, je me rends d’autant plus compte qu’il n’y a pas de demi-mesure dans ce que j’ai ressenti pendant ma lecture. Ce que j’ai aimé, je l’ai vraiment aimé. Il y a de très bonnes choses dans ce roman. C’est vraiment dommage que cela ne suffise, malheureusement, pas à contrebalancer tout ce qui m’a déplu.

Si ce n’est pas un roman que je recommande, je sais qu’il y a de fortes chances qu’il me reste en tête pendant un moment. Et je compte bien redonner sa chance à Morgane Moncomble, notamment avec En Equilibre qui me tente beaucoup et dans lequel j’espère ne pas retrouver les mêmes écueils.


Ma note [en toute subjectivité]

Intrigue2/5
Personnages4/5
Emotions4/5
Plume3/5
Note globale13/20

Point Magical Summer Challenge

Avec cette lecture je valide les catégories « Love in the Air » (romance) et « Grand Canyon » (minimum 400 p.).

Pour retrouver toutes les catégories, c’est par ici.

4 commentaires sur “Viens, on s’aime

Ajouter un commentaire

  1. C’est dommage que tu aies été déçue… Ceci dit, je comprends bien tes raisons, et j’avais moi-même trouvé certaines réflexions limite, bien que ça ne m’ait pas trop dérangée sur le moment. Concernant la fille dans les young adult qui est vierge, je partage totalement ton avis dessus. Je suis d’ailleurs en train de penser à After, où le schéma est le même… Mais ce genre de romances est tellement répandue que je m’y suis faite, et ça ne me choque plus de voir ce genre de réflexions sur la virginité. Ta chronique m’a ainsi rappelée qu’il y avait pas mal de sexisme et de clichés défavorables pour la femme, et le truc c’est que c’est tellement commun dans les histoires d’amour qu’on y fait même plus attention 😰

    Aimé par 1 personne

    1. Ca ne me dérangeait pas plus que ça non plus jusqu’à récemment. Je pense que je ne suis plus faite pour ce genre de thématique. En soit, cela ne me gêne pas que l’héroïne soit toujours vierge (même si elle a 20, 25 ou 30 ans, parce que cela n’a rien d’anormal), juste j’aimerais que cela ne soit pas un obstacle, un sujet tabou ou honteux dans le développement de l’histoire.
      Je trouve que le sujet de virginité est beaucoup mieux traité dans les romans pour ados/ qui mettent en scène des ados (je pense notamment à DIMILY, Love and Other Words ou même Quatre Filles et un Jean qui pourtant commence à sérieusement dater).
      Mais tout cela est très symptomatique de notre société dans laquelle la première fois pour une femme est toujours une étape cruciale (ce qui peut-être le cas, je ne le nie pas, mais peut aussi ne pas l’être).
      Mais pour en revenir à Viens, on s’aime, si j’ai été autant déçue c’est parce qu’il y a tellement de choses que j’ai adoré dans ce roman que sans cela, ça aurait été un joli coup de cœur.

      Aimé par 1 personne

      1. Je suis d’accord quand tu dis que les sujets-là sont mieux traités dans les romans pour ados, et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’en lis toujours autant. Les romans adultes sont très stéréotypés, mais dans les young adult je trouve qu’il y a quelque chose en plus, comme dans DIMILY. Disons que ces problématiques sont traitées différemment !

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :